J’ai aimé la chair et les livres

J’ai aimé la chair et les livres.
J’ai regardé bouger les corps dans la lumière du jour.
J’ai contemplé l’invraisemblable beauté des hommes.
Corps et phrases me sont également désirables,
et l’objet d’anxiétés semblables…

Les corps et les livres ont une même blancheur, une même nudité.

De l’amour et de la langue, j’aimais les ailes.
Non pas le cœur vivant et rouge,
mais cet irrésistible coup de poing que la beauté donne en passant,
la brûlure immédiate d’un regard pour la première fois croisé,
d’une main prise ou d’une bouche
qui tout à coup
emmêle au vôtre
un souffle
jamais respiré.