Psaume – Vagabondage poétique et philosophique

Ta solitude cachée m’a toujours fait souffrir
Seigneur, mais que pouvais-je faire ?
Enfant, je jouais avec toi,
je te démontais par l’imagination comme on bricole un jouet.
Plus tard ma sauvagerie l’emporta,
mes chants périrent
et sans t’avoir jamais senti proche
je t’ai perdu pour toujours
dans la terre et le feu, sur les eaux et dans les airs.

De l’aube au crépuscule
je ne suis que fange et blessure.
Toi tu t’es refermé dans ton ciel comme dans un cercueil.
Oh, si tu n’étais plus apparenté à la mort
qu’à la vie
tu me parlerais. Où que tu sois,
au fond de la terre ou dans les contes, tu me parlerais.

Seigneur, montre ta face dans les épines d’ici-bas
afin que je comprenne ce que tu attends de moi.
Me faut-il saisir au vol la lance envenimée
jetée d’en bas par ceux qui cherchent à te blesser sous l’aile ?
Ou ne réclames-tu rien ?
Tu es l’immuable, l’identité muette
(arrondi en soi a est a),
tu ne demandes rien, pas même une prière.

Vois, les étoiles font leur entrée dans l’univers
en même temps que mes interrogatives tristesses.
La nuit est sans fenêtres sur le monde.
Seigneur, désormais que vais-je devenir ?
Laisse-moi me défaire en toi, me dépouiller de mon corps
comme d’un vêtement abandonné en route.